Demain, toutes lesbiennes ?

@bykellymalka

J’ai demandé à mon ex comment j’avais le droit de le nommer pour le blog, il m’a répondu « Corwin » (à tous les coups c’est un personnage de jeu vidéo haha). Mon ex Corwin est un homme formidable, je le pense sincèrement (même s’il m’agace en ce moment^^). Il y a quelques mois, il m’a conseillé une liste faramineuse de podcasts dont le fameux « Les couilles sur la table ». Corwin (vais-je m’y faire?) c’est le rêve de toute féministe, il ne comprenait pas pourquoi je dépensais tant d’argent pour m’épiler tout le corps, il voulait payer la moitié de ma pilule, il lavait ses vêtements lui-même, il payait toujours au resto (« C’est normal je suis payé plus que toi »), il faisait la cuisine et participait au ménage (sans surprise sa nouvelle copine est activiste, ne s’épile pas et préfère le slow sex, on n’était vraiment pas faits l’un pour l’autre mais une amitié peut durer toute la vie, nous sommes sans doute gagnants tous les deux).

Depuis plusieurs mois je m’interroge sur cette tendance chez les féministes : « devenir  lesbienne ». Et l’autre jour, il me dit « Justement Virginie Despentes en parle dans le podcast dont je te parlais, tu devrais l’écouter ». Ce que j’ai fait. Et d’emblée, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas du tout de « devenir lesbienne » (ce n’est pas un choix) mais plus simplement de l’ordre de « Un jour, je suis tombée amoureuse d’une femme… ». J’aime beaucoup Virginie Despentes, plus la femme que la romancière pour être honnête. J’avais évidemment adoré King Kong Théorie, je me reconnais dans ce féminisme-là. Dans le dernier épisode du podcast (en quatre parties), Despentes ose dire quelque chose qu’on entend rarement à propos de la maternité, à savoir qu’elle a voulu des enfants mais aujourd’hui elle sait qu’elle n’était pas assez « solide émotionnellement » et est heureuse de ne pas en avoir eu. Si tout le monde avait cette honnêteté, il y aurait moins d’enfants malheureux…

C’est vrai qu’à l’adolescence, on se cherche, on est très proches de nos copines, il y a quelque chose de facile avec les autres filles. Pour ma part, j’ai eu ma première relation sexuelle avec une fille. J’avais 16 ans, très envie de me faire dépuceler par un homme, mais ma copine N. m’a déclaré que je lui plaisais et un soir après avoir bu trop de champagne, nous nous sommes embrassées, nous nous sommes touchées, plus tard on a fait l’amour. Je n’ai pas aimé le sexe avec elle, j’attendais un phallus (je pouvais attendre longtemps). Je n’étais pas amoureuse, je trouvais ça profondément malhonnête de ma part alors j’ai « rompu ». Elle s’est vengée, ça a été la guerre, je vous passe les détails. Alors quand j’entends Despentes dire que c’est plus facile entre filles, j’ai comme un léger doute. Les filles peuvent être de vraies salopes entre elles. Personnellement, j’ai peu d’amies filles parce qu’il y a énormément de jalousie, des coups bas et autres joyeusetés. La dernière copine qui m’a brisé le cœur est une fille féministe connue dans le milieu, elle m’a dit des horreurs que je n’oublierais jamais. Les amitiés féminines me brisent plus le cœur que les ruptures avec les hommes.

Quand j’avais 13 ou 14 ans, je suis tombée sous le charme d’une fille qui se définissait comme un garçon. C’étaient les années 90, on ne parlait pas de « trans ». Ce qui me plaisait chez elle, c’était justement le fait qu’elle n’ait pas l’air d’une fille, pour moi, elle était un garçon, c’était très clair. Je pense que Despentes a raison quand elle dit que ce sont les injonctions sociales qui poussent les femmes dans les bras des hommes. Cette histoire commence très tôt parce qu’à la maternelle déjà on nous demande à nous les filles si on a « un amoureux ». L’autre jour, je regardais la vidéo de Laurence Fernan une Youtubeuse lesbienne qui expliquait que petite, elle voulait ressembler à un garçon puisque c’était le seul moyen pour elle de dire qu’elle aimait les petites filles de sa classe et non les petits garçons. Je me suis demandée si c’était pour ça qu’il y avait tant de jeunes filles qui transitionnaient depuis quelques années, si finalement être défini comme « il » n’était pas une revanche sur la société (mais je n’ai pas d’ami.e.s trans, je ne peux donc pas poser la question, et j’ai essayé de la poser sur Instagram mais on m’a insultée alors que je venais vraiment en toute bienveillance).

Je pense qu’on ne choisit pas de qui on tombe amoureux, je pourrais probablement aimer une fille. Mais je ne serais sans doute pas comblée sexuellement parce que j’aime le sexe avec les hommes, j’aime vraiment les hommes, c’est un fait que je ne peux pas nier, je suis une sale phallophile, bouuuh. Je suis une grande amoureuse alors certes, parfois ça ne dure pas longtemps, je m’emballe trop vite et je change d’avis mais oui j’aime les hommes, et ils me le rendent bien (pas en ce moment mais bref haha). Il y a quelques années, j’ai trompé Corwin avec une fille, je m’interrogeais sur ma sexualité, cette première expérience avec une fille faisait-elle de moi une bisexuelle ? Je suis tombée sur cette fille qui m’a draguée sans aucune nuance, « comme un homme », j’étais ivre et j’ai cédé, on a fini par coucher ensemble et j’ai compris que je n’étais vraiment pas bi. Pourtant je la trouvais terriblement belle (elle l’est) mais vraiment le sexe sans phallus, je ne vois pas l’intérêt. Depuis j’assume ma phallophilie (je ne sais même pas si ça se dit, j’imagine que oui). Mais vous pouvez me croire, j’aimerais ne pas avoir besoin des hommes pour exister, ma vie serait sans doute moins compliquée !

3 commentaires

  1. Il me semble que c’est toi qui en avait parlé, mais je suis plus sûr à 100% donc désolé si je me plante de personne: Le gode ceinture (mais si mes souvenirs sont bons, c’est un mec qui voulait que tu le pénètres, bon, chacun ses délires)

    T’as jamais essayé le gode ceinture avec les filles ?
    Que des avantages (sauf pour les mecs 😥): C’est une meuf et tu as quand même ta pénétration ! 😀

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    • Je crois que je l’ai écrit dans le billet qui parle du «fantasme qui n’était pas le mien », le gode ceinture n’a à mon sens aucun intérêt puisque tu ne ressens pas de sensation, l’autre oui mais toi non puisque ce n’est pas ton sexe, c’est du plastique made in China.

      J’aime vraiment les hommes, pas le plastique haha (même si en période de disette ça dépanne). Mais je pourrais dire que j’ai essayé les filles héhé

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  2. je note (avec plaisir mais à côté du sujet) que tu nous avais annoncé un été sans billet et que – à moins que ton blog ait été piraté – tu nous en offres une belle série.
    Une amie m’avait dit il y a longtemps : fille ou garçon, si tu es amoureux, tu ne te poses pas la question. Elle avait sans doute raison, en tout cas pour elle. Je crois que ce qu’on préfère, ce qu’on veut…. que ça soit le genre d’être qu’on aimerait aimer ; ou qu’on aimerait être, le fait d’avoir des mômes ou pas, et avec qui, et tout ça – je crois que c’est très construit familialement, socialement (et tous ces longs mots), mais que – au moins dans notre société et au moins actuellement, tout peut toujours changer – on a une petite fenêtre sinon de liberté en tout cas d’option relativement admise…

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